Sortir /// Conférence : Georges Saint-Clair, « le poète le plus méconnu de notre époque »

Conférence :  Georges Saint-Clair, Grand Prix de Poésie de l’Académie Française, « le poète le plus méconnu de notre époque » (Jean Dutourd, de l’Académie Française), par Daniel Aranjo, Professeur des Universités
... avec des lectures de poèmes de l’auteur et de son maître Francis Jammes.

Vendredi 19 mai à 18h, Médiathèque André Labarrère Pau, auditorium

 

 

Georges Saint-Clair (abbé Jean Bégarie), 1921-2016, Grand Prix de Poésie de l’Académie française 1993, nous a quittés il y a juste un an, le 20 mai 2016. Pour l’Académicien Jean Dutourd, célèbre tête dure qui n’a jamais mâché ses mots, c’était tout simplement, dans les colonnes du Figaro,  « le poète le plus méconnu » de notre époque.

Le site Le Printemps des Poètes pour sa part résumait en 2008 : « En 1921, le poète naît en Béarn, dont les capitales d'enfance, de vie de d'œuvre littéraire resteront Pontacq et Gomer. La double vocation sacerdotale et poétique bâtit sa vie. Son admiration pour Valéry s'estompe en même temps que se fortifient et s'étendent son goût et sa connaissance pour toute la poésie. Il se tient volontairement à l'écart de la vie bruyante, des marchés littéraires et refuse les grandes maisons, par souci de recueillement. Malgré tout, son œuvre passe les frontières du royaume de Navarre et rassemble de nombreux prix qu'il n'a en rien sollicités, jusqu'au Grand Prix de Poésie de l'Académie Française (1993). Geyser de jeunesse et de création poétique, pourvu d'une mémoire exceptionnelle, il satellise autant d'amis autour de lui qu'il a de poèmes en tête. Il ne cesse jamais de lire, d'écrire, de prier, de vivre et de rire. »

Printemps des Poètes qui citait alors ce poème en prose judaïsant, intitulé « Le colporteur » : « De là-haut, à l'endroit où la route lâche négligemment, comme un bâton, son dernier sapin, il se retournera. Dans le val, on fermait la synagogue. Il lui sembla que s'en allait toute seule - roulier conduisant son attelage - la vieille porte à bruit de mécanique usée. Il reprit sa marche. Le village s'imbriquait toujours plus en coins d'ombre de cirque - tohu-bohu de roulottes et de rondins qu'un oiseau martelait encore de son bec, avec un bruit d'école. Il songea aux jours de son enfance, aux points-voyelles ponctués. Que d'oublis !
Mais le couchant, tout à son rôle, emporte rabbiniquement dans son châle de prière le repos soudain d'un infirme outil. »
« L'Abbé Bégarie possédait à fond la poétique de nos grands classiques  et il vivait trop près de la Poésie pour en discourir. Je garderai de lui la grande idée d'une vie vouée à la Poésie, tous les souvenirs du colloque qui lui a été consacré en 1993 à Nay et Arthez d’Asson, et un poème paru dans la revue Friches, où il célèbre le champion italien Alfredo Binda escaladant le Tourmalet. » (Gilles Lades, poète).

 

Daniel Aranjo, agrégé, docteur, Professeur des Universités en littérature comparée, Prix de la Critique de l’Académie Française 2003, auteur de 600 articles, qui fut un proche de Georges Saint-Clair, rappellera sa vie à Pontacq, ou dans le modeste Béarn campagnard comme curé à Lys, Lucgarier et Gomer,  et comme pion au Collège Saint-Joseph de Nay ; sans oublier sa poésie, onirique et discrètement et profondément musicalisée, dont il faudra bien, un jour prochain, éditer les Œuvres complètes. François Bayrou n’est-il pas l’un des plus fervents lecteurs de son voisin de Pontacq ?

Retrouvez les ouvrages de Georges Saint-Clair,
à emprunter au Réseau des médiathèques ou à consulter à l'Usine des Tramways